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 • Ivan Esterhazy, le réincarné •

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Ivan Esterhazy

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Messages : 3
Date d'inscription : 01/09/2012
Localisation : Far Far away..

MessageSujet: • Ivan Esterhazy, le réincarné •   Sam 1 Sep - 2:05


    I - Etat civil

  • Prénom et nom: Ivan Von Esterhazy (Caïn, Wolfgang)
  • Sexe: Masculin
  • Age: 18 ans
  • Race:
  • Nationalité: Ancienne famille germano-hongroise, naturalisée française depuis 4 générations.
  • Niveau d'études: 3ème année

    II - Descriptions

  • Description physique: [5 lignes minimum]

  • Caractère: [5 lignes minimum]
    Pour résumer, nous emploierons rapidement les termes suivant pour qualifier Ivan : orgueilleux

  • Position vis à vis des humains: [ Si vous êtes un monstre, Indifférent, pour, contre...]
  • Position vis à vis des monstres: [ Si vous êtes un humain, Indifférent, pour, contre...]


    IV - Vous

  • Pseudo : Kuropon, kurotoutou, loupinours... des trucs virils quoi !
  • Age : 21 ans *papi*
  • Avis sur le forum ? : Les temps changent !
  • Comment avez-vous connu le forum ? : Un vieux de la vieille ? 8-)
  • Code du règlement : Validé par Lydia



Dernière édition par Ivan Esterhazy le Mar 4 Sep - 1:00, édité 1 fois
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Ivan Esterhazy

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MessageSujet: Re: • Ivan Esterhazy, le réincarné •   Sam 1 Sep - 2:06

( Ne pas lire, ça va changer ! )



    Let me tell you a story...

    IV ~ ... THE STORY

      " … Hélène fut saisie par le mélange de lumière et d'ombre, de grandiose et de passion, par un poétique chaos qui donnait à l'inconnu l'apparence de Lucifer se relevant de sa chute "
      Honoré de Balzac


    Plutôt calme, trop calme. Helena eu à peine le temps de reprendre son souffle qu’on lui tendait déjà ce petit être bien silencieux, le regard fixe vers l’unique fenêtre de la salle d’accouchement. Que cherchait-il ? Rien, ce n’est qu’un simple nouveau-né. Ivan Caïn Wolfgang Von Esterhazy, plutôt pompeux. Très pompeux. An de grâce 2219, la France est devenu depuis longtemps la puissance dominante. On évoque des moyens peu conventionnels mais qu’importe, la fin justifie les moyens. L'Allemagne n’est plus qu’un souvenir, une « province » (« premier vaincu ») de l’Empire. Aussi la famille Esterhazy avait du se résinier depuis quelques générations à prêter allégeance à ce nouveau maître, non sans rancune. En effet, l’histoire avait surtout retenu du nom de cette ancienne famille de la noblesse impériale allemande la vive résistance à la présence française. Tout y était passé, une grande partie de la fortune familiale, plusieurs hommes de la famille… si bien que les derniers membres durent céder, renoncer, s’humilier, s’agenouiller. Ivan eu la chance de ne pas connaître la déchéance de ses aïeux, ce n’est pas pour autant qu’il ne fut pas marqué par la « hargne revancharde ». Quelle drôlerie. Ces parents mêmes qui haïssaient la France avaient rebattis leur fortune grâce à la prospérité de l’Empire. Deux mots : Banque et Industrie d’armement. Mais passons les anecdotes familiale et revenons-en au petit poussin : Ivan.

    PREMIER ACTE, L’ÉVEIL
    Quel petit bambin que ce jeune Ivan. Il faisait la fierté d’une famille qui voyait en lui un héritier digne de leur nom. Le gamin avait l’esprit vif, faisait montre d’une grande intelligence dès le plus jeune âge. De nature solitaire, il n’avait pas pour habitude de s’amuser avec les autres enfants. Non, lui était plutôt du genre à dessiner, résoudre les jeux de logique ou encore, passe temps favori, s’asseoir et regarder en l’air. Étrangement, il ne ressemblait pas particulièrement à ses parents, tous deux blonds aux yeux clairs. Les cheveux du petit Ivan étaient foncés, presque noirs lorsque la luminosité n’était pas aux rendez-vous. Quant à ses yeux, c’était deux orbes ambrés, deux abymes sans fin, sans fond, envoûtantes, perturbante lorsqu’on avait l’impression d’y déceler une lueur froid d’intelligence. Mais qu’importe, on attribuait ces traits à quelques ancêtres hongrois. On disait souvent à Helena que son fils était beau comme un ange. Elle répondait simplement que c’est parce qu’il en était un, tombé du ciel pour atterrir dans ses bras. Son père Johann ironisait en faisant allusion à ses cheveux foncés indomptables et à son regard sombre, disant qu’il tenait plus d’un petit diable que d’un petit ange.

    Aucun parent n’aurait pu se plaindre. Loin du capricieux et geignard fils de milieu aisé, Ivan montrait un calme admirable, déstabilisant, pour son jeune âge. Il se pliait sans mal aux exigences rigoureuses qu’on lui soumettait, comme pour toutes familles de la haute société. Les négoces des Esterhazy prenant de plus en plus d’ampleur au sein de l’Empire dont ils avaient longtemps été des parias, la famille était de plus en plus exposée et le jeune poussin devait se montrer exemplaire partout où il allait. Son père, longtemps maire Hambourg et Comte de la province du Hanovre, reçu bientôt le privilège d’être élevé du rang de compte à celui de Duc d’Empire, titre héréditaire. Il reçu également une distinction pour services rendu à la patrie. En effet, les banques familiales comptaient dorénavant parmi les plus riches du pays et, conjointement aux industries d’armement Esterhazy située en Prusse Orientale et occidentale, soutenait la politique expansionniste et hégémoniste de l’Empire. Le prestige familial renouait avec la gloire passée. À titre de Duc, le chef de la famille Esterhazy recevait l’administration des deux Prusse alors réunis en un duché – province d’Empire. Cela augmenta le prestige de la famille qui se rendait de plus en plus souvent à Paris, où ils avaient acheté une maison secondaire et où désormais, le jeune Ivan suivait ses études. Cependant, alors qu’il était âgé de 7 ans, le poussin perdit son père qui trouva la mort dans des circonstances troublantes. Le scandale fut tel que sa femme, Helena, accusa de puissantes familles rivales d’être les responsables. Il faut dire que contrairement à une grande partie de l’aristocratie impériale, la famille Esterhazy n’avait rien « d’anormal ». Entendons par là qu’il ne s’agissait pas d’une famille appartenant au cercle longtemps tenu secret des « monstres » et autres créatures surnaturelles. Oh, en cherchant bien, il y avait peut-être cet aïeux incube dont le sang conférait depuis cinq générations un charisme particulier à certains membres de la famille… mais aucun pouvoir particulier susceptible de faire des Esterhazy des surhommes. Or cette prépondérance de plus en plus affirmée au sein des affaires de l’Empire, cette réussite humaine et ce retour d’une famille longtemps opposée à l’hégémonie française devaient bien exciter certaines passions. Cette mort ne fut en tout cas jamais élucidée.

    SECOND ACTE, L’ÉTRANGE SENTIMENT
    Avec le temps, Ivan s’affirmait de plus en plus. Longtemps réservé, il était à présent un jeune adolescent de 14 ans, certes en marge de toute popularité, mais éveillant une certaines curiosité chez ses camarades. En marge, c’est quelque chose qui avait peu changé avec le temps, ça capacité à s’isoler des autres, à la limite de la ségrégation volontaire. Quand des gens de sa classe venaient lui parler, il répondait évasivement, il ne prêtait pas attention. Sa démarche avait quelque chose d’hautain, comme s’il ne daignait pas accorder sa parole à d’autres. Il semblait ici et ailleurs, souvent le regard plongé dans les nuages, cherchant un paradis perdu. Studieux et discipliné, temps à l’école qu’à la maison, Ivan donnait d’autant plus de fierté à sa famille par son attitude sérieuse. Depuis la mort de Johann, il avait hérité des titres de son père de Duc de Prusse et de Comte d’Hanovre. Cela restait certes symbolique, sa mère gérant les affaires courantes dues à la charge nobiliaire et son oncle administrant les entreprises familiales au nom du jeune bambin. Désormais seul à Paris avec sa nourrice pendant qu’Helena faisait des voyages réguliers dans la région allemande, le jeune poussin traversait cependant une période étrange.

    À vrai dire, ce sentiment le suivait depuis longtemps, une brûlure dans les entrailles, une envie de s’évader, d’être partout sauf ici, dans cette classe, dans cette chambre, dans cette ville. Tout lui semblait petit, étroit. Il avait cette pesante sensation d’être un autre, ou plutôt de ne pas se connaître. « J’ai plus de souvenir que si j’avais mille ans », ce vers de Baudelaire résonnait dans sa tête comme un écho, une poésie libératrice… mais il n’en avait que 14 ans et était un humain, fils d’humain, petit-fils d’humain, avec les limites et les faiblesses des humains. Et pourtant, cette étincelle de fougue, d’envie, de désir, d’arrogance devant l’ordre qui semblait établit et fait pour le maintenir à son rang de gamin rêveur… Ivan avait un passe-temps pour cesser de penser, pour se calmer : observer. Le jeune Duc était admiratif de ses pairs comme un entomologiste le serait d’une colonie de fourmis. Joie, tristesse, colère. Amour, haine, jalousie, passion. La comédie quotidienne. Il se délectait de ces spectacles, et plus les émotions affichées étaient fortes, plus cela l’excitait. D’où viennent les émotions, comment ce mettent-elles en place, comment guident-elles nos vie ? Pour tout dire, il se sentait cette empathie, cette capacité de « lire les gens », comprendre leurs attentes, savoir en jouer comme s’il s’agissait de balances à équilibrer – ou déséquilibrer -. Il avait parfois même la sensation stupide « d’ordonner les sentiments », de les amplifier, les influencer. Les disputes devenaient de bagarres lorsqu’il s’y intéressait, les béguins devenaient des passions, l’ennui devenait une abyme de désespoir et d’amorphisme. Enfin, c’est ce qu’il s’imaginait, gentil garçon.

    TROISIÈME ACTE, L’APPRENTISSAGE
    Enfant d’une riche famille, il avait droit à l’école privée la plus réputée de l’Empire, au cœur même de son pouvoir politique : Paris. Là, il y côtoya nombre d’enfant aux capacités surnaturelles – n’oublions pas quelles sont les familles les plus puissantes -. Ce sont ces enfants qui plus tard seraient envoyés à Amentia enfin d’y suivre, dis-t-on, une éducation adaptée à leurs dons. Que penser des monstres ? Rien. Dans le fond, ils n’étaient pas si différents des humains. Les uns voulant paraître fort malgré leur faiblesse, les autres n’affichant que faiblesse quand ils avaient suffisamment de force pour s’imposer. Il n’y avait pas de distinction de race, d’espèce, seulement une distinction de règne, une distinction dans l’exercice du pouvoir et la légitimité des grands. Peu enclin à s’acoquiner avec les fils et filles d’Adam et d’Eve, jugés puérils et méprisable, Ivan était – pour les mêmes raisons – tenu à l’écart des monstres. Pourtant de part son attitude il avait bien plus avoir avec eux. De cette solitude surgit un embryon d’orgueil, cette capacité à ne dépendre de personnes.

    Malgré les quelques incidents opposant monstres entre eux ou avec les humains, tout se déroulait au mieux pour Ivan. Avec le temps et le développement des capacités de ses camarades, les comportements envers le poussin changeaient. Certains élèves, fils ou filles de mages, de phénix, se faisaient plus distant sans plus d’explication. Les petits camarades humains prenaient également en général du recul, ils avaient comme une appréhension, un malaise, lorsque le petit Duc était dans les parages. Au contraire, les caïds type loup-garou, incubes, vampires, semblaient le laisser en paix, comme un respect silencieux, alors qu’ils d’autres monstres et humains. Dans ces conditions, il se rapprocha beaucoup d’une jeune succube, Elisabeth de la Boétie, simplement Elisa. Il s’agissait là d’une des filles les plus en vue de l’école – succube, classique –. Une des premières, si ce n’est la première, amie d’Ivan. Elle voyait en ce jeune solitaire un jouet amusant, dans un premier temps. Mais après avoir passé du temps avec lui, elle se mit à éprouver une discrète mais profonde admiration. Quelque chose la fascinait chez Ivan, inexplicable force de l’attraction, elle développait une certaine passion qui ne s’expliquait pas, qui sembler naturelle. Il n’était pas non plus rare qu’un frisson d’effroi lui parcoure l’échine alors que pendant leur discussion, le petit poussin plongeait ses yeux perçant dans ceux de la jeune fille, comme s’il s’apprêtait à sonder son esprit. La simple pensée qu’un humain puisse provoquer cela en elle la dégoûta. Elle décida un beau jour de transformer sa cible en un gibier. Après un numéro digne des plus grandes actrices, la succube parvint à attirer Ivan dans les toilettes des filles. Elle allait pouvoir enfin rire et se venger de cet humain qui lui avait, ne serait-ce qu’un instant, inspiré de la crainte. Elle, les toilettes des filles, ses talents de comédienne, ses talents de succube… tout était en place, l’énergie rouge du désir devait à présent abonder derrière les lèvres close du jeune poussin. Elle s’avança, passa une main chaude autour de la nuque de sa proie et s’approcha, décidée à se repaître un peu avant le prochain cours. Lorsque qu’Ivan détourna son visage et s’écarta, Elisa perdit littéralement ses moyens. Le poussin ironisa sur sa nature démoniaque de succube, déclarant qu’il savait très bien ce qu’elle voulait – en tant que succube - et qu’il avait aussi ressentit la peur dans son esprit, le dégoût de la jeune fille de se voir flanquée d’une telle émotion face à un « inférieur ». Elle semblait encore ahurie, déstabilisée par l’inefficacité de ses sombres charmes visant à séduire le jeune poussin. Durant un temps ils ne se parlèrent plus, un temps cours. L’admiration d’Elisa n’en fut que plus grande. À travers elle, Ivan commença à s’ouvrir à d’autres monstres de l’école. Tous s’accordèrent sur un point, l’irrationalité de l’admiration qu’inspirait l’humain. Désormais il s’était converti en un centre de discussion. Mélange de crainte, d’admiration ou de rejet pour certain, fini le temps où le Duc en herbe laissait tout le monde indifférent.

    L’histoire d’Elisa continua à marquer Ivan. Après s’être demandé comment un homme avait-il pu garder ses esprits face à une telle prédatrice. Même si la piste ne lui convenait pas, il finit par mettre le bénéfice de ce miracle sur le sang d’incube de son aïeul afin de ne pas s’enfoncer dans des explications paranoïaques. Ah, la crise d’adolescence… et pourtant ces derniers mots d’Elisa à son encontre avant qu’il ne quitte les toilettes, ces mots emprunts de cette envie habituelle et ce ton enjoué typique de la succube : « toute cette énergie… tu me laisseras goûter un jour ? ». Toujours est-il qu’il continuait à fixer le ciel du rebord de la fenêtre de sa chambre. Ce ciel plein de réponse, ce ciel si attirant, ce ciel qui l’emplissait d’amour et de colère. Toujours le ciel, ce Paradis perdu.


    QUATRIÈME ACTE, VERS LA RÉSURRECTION

      " C’est chaque fois plus fort, plus intense. Je vois de la lumière, des silhouettes, c’est flou. Je sens de la colère, de la haine. J’ai envie de crier mais je ne peux pas. Et cette voix, absolue, puissante, paternelle… et puis l’ombre. Et quand je me réveille, je n’ai qu’une envie, détruire… "
      Ivan


    Désormais, Ivan avait 16 ans. C’était un jeune homme en devenir, brun aux allures ténébreuses, au regard toujours si envoûtant. Il avait à n’en pas douter ce charisme familial, sans doute dernier héritage des gouttes de sang d’incube dans ses veines. Il était de plus en plus ouvert, comme sortant au fur et à mesure des années d’une épaisse coquille de solitude. Ce monde trop petit commençait à s’étendre sous ses pieds, il voyait plus loin. Son corps, longtemps prison, devenait un outil avec lequel il était à l’aise. Seuls s’étaient accentués avec le temps d’intenses cauchemars, chaque nuits… Il y a trois mois, le poussin s’était brûlé à l’école, accident de fer à souder. Aucune trace. Curieux, il avait réitéré l’expérience avec une plaque de cuisson. Rien. Décidant de garder cela pour lui, Ivan commença à faire des recherches. Cela avait remonter en lui cette crise d’identité. Une force bouillait en lui, il devait comprendre quelque chose mais quoi ? Sa résistance au feu, ses cauchemars, cette sensation d’influer les sentiments… tout était lié selon lui. Un soir en sortant de cours, Elisa, la jeune succube, le pris à part pour lui demander de la raccompagner. Elle devait bientôt partir pour Amentia. Ivan, sans manifester ni surprise, ni enthousiasme, accepta. Les jeunes gens se baladèrent le long de la Seine. Silence. Elisa voyait bien que son ami avait la tête ailleurs. Et pendant qu’elle le regardait, son attirance grandissait. Elle ne pouvait retenir cette envie, Ivan était comme un aimant pour elle. Et s’en était presque dégoûtant d’éprouver cela pour un humain, ça aurait du être l’inverse… une main puissante pour tourner le jeune homme face à elle, une main douce sur le torse de celui-ci. Une voix suave et irréelle, envoûtante. L’envie était trop forte, la tentation irrésistible : « Laisse-moi y goûter. Laisse-toi faire. Je veux tout… toi… pour moi… ». À n’en pas douter, la succube était d’une grande habileté. Ivan ne bougea pas, il n’aurait eu le temps de rien faire. Et puis, il en avait envie. Ce baiser de succube, ce premier baiser, cette fournaise, ce désir. Il sentit ces lèvres charnues, humides, ce piège si doux. Ce piège si bon. Le temps s’arrêtait. Il allait y perdre beaucoup. Pourtant conscient des risques, il redonnait une intensité supérieure au baiser, si bien qu’on ne savait pas lequel des deux se nourrissait de l’autre. La main d’Elisa se refermait sur le torse du jeune homme, une poigne pour s’accrocher à ça proie, comme si cela devenait difficile. Entre deux mouvements, des bribes de vapeurs rouges s’échappaient d’entre les lèvres entremêlées. La poigne se resserrait encore, toujours plus fort. La succube lâcha un léger bruit, presque imperceptible. Elle lâcha sa proie, recula doucement sa main servant à présent à tenir Ivan à distance. Elle tituba, fébrile, avant de vaciller de s’effondrer sur le sol. Overdose passagère alors que ce baiser semblait avoir réveillé quelque chose chez le jeune poussin. Un homme qui avait vu Elisa s’effondrer se hâta de venir : « Tout va bien ? Que c’est-il passé ? ».

    Volte-face. Un bruit de fracas, Ivan asséna un violent coup de poing à l’homme venu à leur rencontre. Celui recula de plusieurs mètres avant de chuter lourdement. Ivan esquissa un demi-sourire qui lui échappa totalement. Quelque chose hurlait en lui. Il voulait voir cet homme à genou, il voulait l’entendre supplier. Il voulait prendre sa gorge entre ses doigts, il voulait… « Qu... qu'es-tu ? », souffla Elisa, épuisé, à présent assise derrière Ivan, adossée au mur. Cette question déstabilisa totalement Ivan, sans doute fut-il déstabilisé pour la première fois de sa vie. Il quitta les lieux et se hâta de rentrer chez lui. Sa mère, elle devait bien savoir quelque chose, ce qui venait de se produire. Devant la porte du domicile, une ambulance. Ambiance irréelle. Le jeune poussin rentra, ça mère était étendu sur le sol. Un de infirmier tenta de tenir le jeune homme à distance, arrêt cardiaque. Ivan s’énerva. De la colère, forte. L’infirmier tomba à genou, fondant littéralement en larme et gémissant, se plaignant d’une douleur à la jambe qu’il s’était visiblement faite opérer il y a 7 ans. Ivan s’approcha du corps inanimé de sa mère. Il était en colère, il brûlait, son cœur brûlait, sa tête… il attrapa de ses deux mains se mère par les épaules. Elle était morte, et quoi ? Il voulait savoir, il ne pouvait plus attendre. Il ne pourrait pas être lui-même sans savoir. Le poussin – qui n’avait plus rien d’un poussin – ramena sa mère contre lui, puis le noir.


    PROLOGUE, LE FLASHBACK

      ... flashback.

      - J’accepte.

      Un seul souffle, une parole éphémère. C’est cela, la naissance d’Ivan, à la tombée de la nuit sur les quais de Seine.

      - Bien, le pacte est scellé.

      La scène est lointaine, les voix sont des échos. L’espace se fend, se tord. C’est comme un souvenir, comme si Ivan avait plongé dans les souvenirs de sa mère en la prenant contre lui. Mais ce souvenir semblait abîmé. Il manquait des mots, des expressions. Ivan redoubla d’effort pour se concentrer, sa volonté poussée à ses limites pour rester dans ce même immatériel, pour maintenir cette réalité épisodique. Helena semblait désespérée, modestement vêtue, faisant face à cette silhouette difforme qui dépassait aisément les deux mètres et dont la voix était un véritable grondement de tonnerre.

      - Tu auras donc l’amour du jeune Esterhazy, une vie heureuse avec lui. Vous retrouverez le rang que sa famille a perdu. Tu mérites cela et je te l’offre maintenant. Vas voir Helmut, il sera fou amoureux de toi jusqu’à sa mort. En échange, tu nous serviras de réceptacle. Ton premier fils sera celui des ténèbres, il sera la réincarnation de l’un des nôtres…

      Helena semblait perdu, déjà la situation semblait la dépasser mais le pacte était scellé. Pour Ivan, les choses commençaient à devenir claires.

      - L’un des vôtres ? Mais… ce sera toujours mon fils n’est-ce pas ?

      La créature à la silhouette imposante ricana. Puis comme par enchantement, sa forme changea pour devenir celle d’un humain, petit trentenaire un costume, paré d’un large imperméable, l’air malicieux.

      - Aussi longtemps que tu le porteras dans ton ventre et que tu te donneras l’illusion d’être sa mère. Quand la lumière du créateur se sera posée sur lui et que sa conscience s’éveillera, il ne sera déjà plus le fils des hommes. Mais tu devrais te réjouir, ce ne sera pas n’importe qui. L’heure est venue et tu es celle qu’il nous fallait. Par ton consentement, tu vas rappeler dans ce monde la réincarnation de quelqu’un qui nous est cher… pour autant qu’on est un cœur permettant d’éprouver l’attachement.

      L’homme posa sa main sur la joue d’Helena. Son sourire sympathique aurait pu être rassurant, dans un autre contexte.

      - Mais pour que tout se passe bien, tu dois oublier ce pacte, cette soirée. Je vais enterrer ce souvenir… maintenant !

      La jeune femme eu à peine le temps de souffler un faible : « Non, attendez Bel… », puis plus rien. La scène s’arrêta. Helena l’air hagard, le regard vide, l’homme en face d’elle souriant. Il se tourna vers Ivan, ce qui ne manqua pas de surprendre le jeune homme qui avait de plus en plus de mal à tenir dans ce monde évanescent du souvenir. L’homme semblait en effet pouvoir le voir. Il fit un pas et à la grande surprise de notre visiteur de songe, s’inclina avec respect, toujours ce sourire malicieux figé sur sa face.

      - Enfin… maître.


    CINQUIÈME ACTE, RETOUR DU DÉCHU
    Et le rêve pris fin. Retour à la réalité. Un crépitement, ça brûlait dans ses entrailles, dans son cœur. Non, tout brûlait, sa colère aussi. Il tenait sa mère dans ses bras, des cris autour. Elle était en feu. Ivan aussi était en enflammé, mais contrairement à sa défunte mère, il ne se consumait pas. Sa mère ? Non, tout était clair. Cette femme n’avait été qu’un réceptacle, un ventre bon pour porter le fœtus à maturité. Son nom ? Une futilité des humains pour se reconnaître entre eux. Ivan brûlait, et dans ces flammes pour la première fois, la liberté. Le monde était immense, plein de promesse, il se sentait grand, puissant, il se sentait quelqu’un. Dans son dos, quatre grandes ailes noires non pas couvertes de plumes mais d’une épaisse peau, semblable aux ailes des chauve-souris. Dans les flammes, ses yeux d’ambres luisaient d’un éclat surnaturel, presque jaune. Puis les flammes s’éteignirent. Les ailes disparurent, le regard redevint « humain ».

    - Qui… qui es-tu ?

    Les gens semblaient pétrifiés. L’atmosphère était lourde pesante, on entendait les cœurs battre à l’unisson la marche de l’effroi. Qui je suis ? Un mauvais rêve, un cauchemar réincarné pour accomplir de grandes choses. Je suis un monstre, parce qu’on m’a traité ainsi, on m’a rejeté il y a bien longtemps. Dans les limbes de ma mémoire en lambeau, j’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. Je suis d’ici, d’ailleurs, je suis ce que je veux être. Je suis le pêché, les pêchés. Dans mes veines coule le sang noir de la haine. Déjà mon enveloppe humaine se transforme, comme si le souvenir de qui je suis imposait a mutation. Les hommes, ces simulacres de Dieu. Je sais enfin, la vérité s’approche de moi sans que je n’aie plus à la chercher. Mais pour l’instant…

    - Je… Ivan Von Esterhazy, le fils d’Helmut et Helena… je suis un monstre…


    La lumière, les hommes, la voix, le noir. La lumière, les hommes, la voix, le noir. Toujours les mêmes images, toujours cette haine, cette révolte, ces flammes qui me consument. Désormais, ce n’est plus un cauchemar. Un jour, quelqu’un m’a dit que j’étais beau comme un ange. L’humaine qui m’a servi de mère a alors simplement répondu : « C’est un ange... tombé du ciel pour atterrir dans mes bras ».

    Quelques mois après les événements, Ivan fut envoyé à Amentia par ses grands-parents. Cela fait désormais un an et deux mois qu’il y réside comme pensionnaire.




Dernière édition par Ivan Esterhazy le Mar 4 Sep - 1:01, édité 2 fois
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Ivan Esterhazy

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MessageSujet: Re: • Ivan Esterhazy, le réincarné •   Sam 1 Sep - 6:06

(Au cas où, on est jamais trop prudent)
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MessageSujet: Re: • Ivan Esterhazy, le réincarné •   

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